Affaire Hannibal Kadhafi: la mère du plaignant marocain a été relâchée
La Libye a relà¢ché la mère du domestique marocain dont la plainte pour mauvais traitements avait provoqué l'arrestation en juillet dernier à Genève d'Hannibal Kadhafi, le fils du leader libyen, a-t-on appris vendredi auprès de l'avocat du domestique.
La Libye a relâché la mère du domestique marocain dont la plainte pour mauvais traitements avait provoqué l'arrestation en juillet dernier à Genève d'Hannibal Kadhafi, le fils du leader libyen, a-t-on appris vendredi auprès de l'avocat du domestique.
"La mère de mon client a été libérée et a pu regagner le Maroc", a indiqué Me François Membrez à l'AFP.
"En revanche, nous sommes sans nouvelles depuis une dizaine de jours du frère de mon client", a ajouté l'avocat. "Aux dernières nouvelles, il était en Libye où il se cachait. Nous ne savons pas s'il continue à se cacher, s'il est détenu ou s'il est arrivé à s'enfuir", a-t-il insisté.
Une source proche du gouvernement marocain a assuré vendredi, sous couvert de l'anonymat, que le frère du plaignant "n'a pas disparu, mais se trouve en Tunisie".
Selon Me Membrez, le plaignant pourrait envisager de renoncer à sa plainte pour recourir à une médiation une fois qu'il aura la certitude que son frère n'est plus en danger.
Un tel développement entraînerait l'abandon des poursuites judiciaires et ouvrirait la voie à une régularisation des relations entre Berne et Tripoli, très tendues depuis l'arrestation le 15 juillet dernier à Genève d'Hannibal Kadhafi et de son épouse Aline.
Le couple avait été arrêté dans son hôtel à la suite d'une plainte de deux de leurs domestiques, un Marocain et une Tunisienne, tous deux défendus par Me Membrez.
M. Kadhafi et sa femme nient les accusations de leurs domestiques. Ils ont été libérés après deux jours de détention après avoir versé une caution d'un demi-million de francs suisses (312.500 euros) et sont inculpés à Genève de lésions corporelles simples, menaces et contraintes.
La Libye exige des excuses de la Suisse "sur la manière dont Motassim Bilal Kadhafi (Hannibal Kadhafi) et sa femme Aline ont été traités", a expliqué le département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) en rendant compte le 5 août dernier d'une visite à Tripoli d'une délégation helvétique.
Le gouvernement libyen veut également que "les modalités conduisant à la fin de la procédure pénale soient définies", a-t-il indiqué. Cependant, la délégation suisse s'est efforcée d'expliquer aux autorités libyennes le fonctionnement de l'Etat de droit et de la séparation des pouvoirs en Suisse: "La Confédération ne peut pas enjoindre à une justice cantonale d'agir d'une manière ou d'une autre", a souligné le porte-parole du DFAE.
De son côté, le procureur général de Genève Daniel Zappelli a exclu de classer pour des motifs politiques la procédure pénale.
Le ministère public genevois n'a subi aucune pression, ni du DFAE, ni de la mission suisse auprès des organisations internationales, a assuré M.Zappelli.
Des discussions diplomatiques "intensives" et "ardues" se poursuivent avec les autorités libyennes, a indiqué vendredi le porte-parole du ministère suisse des Affaires étrangères, Jean-Philippe Jeannerat.
S'agissant des mesures de rétorsion prises par Tripoli, les deux ressortissants suisses arrêtés durant dix jours en Libye ne peuvent toujours pas quitter le pays et les Suisses ne reçoivent pas, à quelques exceptions près, de visas pour se rendre en Libye.
Par ailleurs, la compagnie aérienne Swiss n'a toujours droit qu'à un seul vol hebdomadaire vers Tripoli, contre trois auparavant.
Le ministère helvétique des affaires étrangères déconseille d'ailleurs aux citoyens helvétiques de se rendre en Libye. Actuellement, il y a une cinquantaine de Suisses dans ce pays et aucun d'entre eux ne fait l'objet "de tracasseries préoccupantes", a relevé M. Jeannerat.
Auteur : GENÈVE, 15 août 2008 (AFP)



Postez votre commentaire