L'épidémie de la grippe frappe le gagne-pain des petites gens au Mexique
L'épidémie de la grippe A/H1N1 a frappé de plein fouet les millions de petits emplois exercés par des humbles gens au Mexique, tels les gardiens de voitures, les serveurs de cafés ou les vendeurs ambulants.
Les mesures préventives contre la maladie ont paralysé l'activité économique dans tout le pays et privé des millions de Mexicains journaliers du revenu de leur travail, aussi maigre soit-il.
Par décret de la mairie de Mexico, l'ensemble des 35.000 restaurants et cafés de la ville ont été sommés de fermer leurs portes aux clients et de se contenter de servir des plats et des boissons à emporter. Du coup, 450.000 serveurs travaillant dans ces commerces et vivant principalement de la "propina" (pourboires) ont perdu leur seule source de revenus.
"Je supportais les 12 heures quotidiennes de travail juste pour le pourboire, qui me permettait de subvenir aux besoins de ma famille et maintenant je n'ai plus rien", grogne Miguel Angel, serveur de café, un masque sur le visage et se tenant debout devant le comptoir attendant un hypothétique client qui viendrait chercher sa boisson et s'en aller illico.
Comme Miguel Angel, des milliers d'autres serveurs ont perdu leurs revenus et pestent contre cette "décision ingrate" de la municipalité de fermer les cafés et les restaurants.
Par un effet domino, l'absence de clients dans les restaurants touche également un autre métier indispensable dans une mégapole où les places de voitures se négocient à prix fort. Il s'agit des "Valets de Parking", un métier reconnu et organisé qui permet aux clients d'éviter de tourner en rond pendant des heures pour trouver une place et à des milliers d'autres personnes de vivre dignement.
Les traditionnels postes de "Valet de Parking" placés à l'entrée des centres commerciaux, des restaurants et des commerces de tous genres et leurs nuées de "placeurs de véhicules" ont subitement disparu du paysage urbain de Mexico pour manque de clientèle.
De même, les fameuses échoppes de "Tacos", plats traditionnels mexicains à base de galettes de maïs, et qui se trouvent à tous les coins de rue, devant les écoles, les administrations et à la sortie des usines ont baissé les rideaux. Leurs tenanciers ont cessé de nourrir la ville et de percevoir des revenus, réduits certes, mais indispensables pour la survie de leurs familles.
Les autorités municipales de Mexico avaient décrété, mardi dernier, la fermeture jusqu'à nouvel ordre des restaurants, cafés, discothèques bars et cinémas, pour freiner la propagation de l'épidémie anciennement appelée "grippe porcine".
Le ministre régional de la santé de Mexico, Armando Ahued, a laissé percer, dimanche soir, une lueur d'espoir pour les petites gens qui travaillent dans ces lieux. Il a affirmé en conférence de presse que la Mairie pourrait annoncer lundi matin la réouverture de ces commerces.
Son homologue fédéral, José Angel Cordova, a présenté lors de la même conférence de presse un document regroupant les restrictions qui seront imposées aux restaurateurs pour réduire les risques de contagion après la reprise des activités.
La retour au travail dans les administrations et les entreprises dans tout le pays est prévu normalement pour mercredi prochain. Le président mexicain, Felipe Calderon, a indiqué dimanche soir dans un entretien télévisé, que certaines activités économiques pourraient reprendre si la tendance "à la stabilisation" de la maladie se confirmait d'ici là.
MAP



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