Lancement à Rabat du 1er festival international de littérature sous le signe "écrire entre les lignes"
Rabat, 03/06/09- La 1-ère édition du festival international de littérature s'est ouverte, mardi à la Bibliothèque nationale du Royaume (BNRM), sous le thème "écrire entre les lignes", avec la participation d'écrivains venus d'Indonésie, d'Afrique du Sud, de Hollande, des Etats-Unis et de France, en plus du Maroc
Cette rencontre culturelle, initiée par le Centre marocain du Pen Club International en partenariat avec la BNRM, l’Université Ibn Tofail de Kénitra, le festival de La Haye Winternachten et le CCCL (Center for Cross Cultural Learning), a été inaugurée par une illustration artistique grand format, du roman "Nomade" de l’écrivain marocain Youssef Amine Elalamy.
Cette oeuvre, écrite en langue française et traduite en arabe par Hassan Bahraoui, a été déclinée en version écrite à la main, réalisée à partir de matières naturelles (safran, encre traditionnelle, Aker Fassi etc.) sur ardoise, cuir et carton.
Cette 1ère édition du festival se fixe comme objectifs d’offrir un espace de dialogue et d’échange d’ idées entre les écrivains du monde et de "donner la parole aux écrivains qui, d’une manière ou d’une autre, ont refusé de suivre les lignes, les lignes rouges, toutes sortes de lignes", selon les initiateurs.
Ce festival sera, en outre, "l’occasion pour tous d’explorer les limites et et de braver les inhibitions entravant la liberté d’expression ainsi que les différentes techniques utilisées par les écrivains pour contourner, voire transgresser ces limites. En un mot comment les écrivains réussissent à écrire entre les lignes", ajoute-t-on.
L’écrivaine Rita El Khayat, qui a évoqué à cette occasion la situation de la production littéraire et du lectorat, a attiré l’attention sur "l’écrit qui recule devant la machine, l’écriture qui s’automatise, le SMS qui attaque".
"La lecture recule, les enfants comme les grands n’ont plus ce rendez-vous unique, souvent coupable plaisir, qui vient avant les devoirs et les obligations, moment de grande détente, de départ vers l’imaginaire, vers le rêve et le monde des fantasmes et des idées, des émotions et de la grande plongée en soi et en l’autre", a-t-elle également déploré.
"Les librairies ferment, les livres ne se vendent plus... Que faire ?", s’est-elle interrogée.
Evoquant son expérience en tant qu’écrivaine, EL Khayat a affirmé qu’elle a "commencé à écrire pour survivre et continué à écrire par passion, comme pour réduire à néant toutes les souffrances, les manques, les désespoirs d’une fille arabe de son siècle!".
El Khayat, qui qualifie l’écriture féminine de "ghetto littéraire", a indiqué que ce qui importe c’est la littérature "forte, sensible et marquante".
L’écrivaine a rendu hommage à cette occasion aux grandes figures du mouvement littéraire au Maroc, notamment Abdelkébir Khatibi, disparu récemment, et Mohamed Choukri.
Pour sa part, le directeur de la BNRM, M. Driss Khrouz a indiqué que le 1er festival international de littérature s’inscrit dans le cadre des ateliers culturels lancés par la BNRM, auxquels sont associés des intellectuels, a précisé M. Khrouz en ajoutant qu’ "à elle seule, la Bibliothèque, ne peut rien produire".
Prennent part à cette 1-ère édition du festival, qui se poursuit jusqu’au 4 juin, plusieurs poètes et écrivains, dont Aïcha Bassry, Mohamed Lemsyeh, Salah El Ouadie, Youssef Amine Elalamy (Maroc), Gunduz Vassaf (Turquie), Linda Christanty (Indonésie), Antjie Krog (Afrique du Sud), Jacqueline Bishop (Etats Unis), Christine Otten (Hollande) et Marie Redonnet (France).
MAP

